Arrêté de Conscientisation

Le 28 août 2020, j’interdis, de ma personne et en mon nom Laura Alizée Bouyssonneau, toute utilisation et création excessive de ma souffrance par quelques buts que ce soit.
Sachant que la souffrance est une énergie. Sachant que ces énergies de souffrance sont issues et traversent tous les corps qui m’appartiennent, je dénonce toute utilisation en excès, tout gaspillage et tout vol.
Il en est ainsi lorsque toute énergie, provenant d’un être, est utilisée sans le consentement du sujet.
Il en est ainsi lorsque toute énergie n’est pas rendue à son émetteur au-delà du degré et de la puissance émise.
Ainsi, je mets en lumière et ordonne l’ordre dans les échanges d’énergie issus de mes corps dans leur entièreté. 
Je m’oppose à l’utilisation de ma souffrance sans un retour qui stabilise mes corps dans leur intégralité.
J’ordonne qu’un dû me soit rendu qui est égal à la grandeur de l’énergie payée par la souffrance et/ou toute émotion nécessaire à la conscience. 
La conscience se doit de répondre aux droits de tout être en évolution. La conscience doit se soumettre aux besoins de l’ego, en pleine conscientisation ou non, pour panser tout chocs, tout état qui pourrait nuire à sa santé mentale. 
La conscience se doit de prendre en compte les heurts qu’elle créer et impose à l’ego et de lui verser, après effets de souffrances dudit sujet, des dommages et intérêts à la hauteur de la cause ou des causes des souffrances produites antérieurement.
Jexclame donc et impose à la conscience et à toutes parties prenantes exerçant un effet dans la conscientisation un versement de dommages et intérêt à hauteur d’informations et de réponses réelles et claires concernant tout événement en lien avec mon existence et mon processus de conscientisation. Un versement de nature matérielle et immatérielle de bien-être qui n’entravera pas les expériences de descente de la conscience en moi-même. 
Cette ordonnance débute aujourd’hui, le 28 août 2020 à 22h14 et a un effet intemporel car appliqué et réel dans ses effets en tout temps et non temps de l’infinité de la conscience et du réel.

Laura.B

Tu me prends pour qui ?

Je suis plus que ce que tu ne pourras jamais être. Je suis pire que tous les démons que tu pourrais rencontrer. Ne pas te méfier de moi est une idiotie. Prends moi pour ce que je suis. Inégalable. Inimaginable. Indomptable.

Ne viens pas chercher chez moi ce que tu ne sais pas. Ce que tu ne contrôles pas. Ce que tu crains. Ne viens pas te frotter à moi, tu serais sur un dangereux écueil.

Ne viens pas me manger dans la main non plus. Tu finirais empoisonné.

Ne me cherche pas. Tu n’y trouveras rien que des copies. Des mensonges. Et de la perte. Mais si moi, au contraire, je te cherches, prépare toi.

Ne marche pas à mes cotes, si tu ne supportes pas de me regarder dans les yeux. Ne me touches pas, si tu crains de t’y bruler. Oublies moi, si je suis dans tes pensées. Si tu veux marcher à ma hauteur, tiens toi droit, je refuse les ingrats. Si tu veux marcher à mon rythme, tu te dois de l’apprivoiser, de t’y conformer.

Ainsi fait, lorsque tu me regarderas dans les yeux, c’est toi que tu verras.

Laura.B

Elle Descend

C’est dans le désert, un désert sec, un désert rocheux. Elle se tient debout, immobile. Notre vision se trouve au niveau du sol. Comme si nous étions un enfant. Un enfant qui observe, qui ne comprend pas, qui ne sait pas. Notre vision est au niveau de ses mollets. Ses pieds sont parallèles, pas trop écartés mais assez pour rester équilibré sans bouger. Elle est pieds nus, tout comme ses jambes d’ailleurs. Si nous levons les yeux nous ne voyons pas si bien. Le soleil se cachant à moitié derrière son profil. Elle se tient droite, cependant avec une certaine tranquillité, une stabilité. Comme un arbre qui aurait pris racine. Naturellement. Ses bras sont le long de son corps, sans tension ni mollesse. Et son profil. Nous ne pouvons que le deviner. Nous ne pouvons la voir que quelques secondes seulement. Les premières secondes avant que le soleil ne finisse par nous aveugler. Elle regarde au loin, sans tracas, sans but, sans peur. Comme si elle ne cherchait rien. Comme si elle savait tout. Comme si sa seule réalité était elle même. Elle se connaissait. Elle se possédait. Elle était sienne. Elle pouvait tout faire. Elle pouvait tout avoir. Elle était la liberté absolue. L’image du présent. D’être là où tout va bien.

Elle ne semble vouloir aller nulle part. Elle ne semble pas courir de joie, respirer à pleins poumons sa liberté, pleurer sa reconnaissance. Elle n’a plus besoin de tout ça.

Puis, avant que le soleil ne nous rende aveugle, nous avons cru, apercevoir un mouvement. Nous avons cru qu’elle eu tourné la tête vers nous, pour nous regarder. Et ses yeux. Ses yeux. Je ne pourrais vous dire leur couleur. Je ne pourrais même pas vous décrire le reste de ses traits. Mais ses yeux. Tout y était. Toutes les réponses, tout l’amour, tout le réconfort, toute la tendresse dont nous avions besoin, tout était là, dans ses yeux. Et avec un demi sourire formé sur ses lèvres, nous avons cru, en quelques secondes, avoir rencontré l’amour. Celui qui ne change pas, celui qui ne part pas. Celui qui ne demande rien.

Laura.B

Ton devoir puis ton droit

Tu veux être puissant ? Insoumis ? Tu veux quoi d’autre ? Être indestructible ? Commence par ne pas te faire détruire par tes émotions. Solidifie-toi de l’intérieur. Et en conséquence, la menace ne sera qu’une image vide qui n’aura aucun sens, aucun son, aucun poids. Et tu pourras continuer ton chemin. Sans t’être fatigué. 

Mais parfois, il te faudra te retourner sur celui qui en aura trop fait. Et souvent, il aura ton visage. Il commencera par te tourner autour sans même que tu ne le vois. Il te regardera, il te parlera.
Tu veux être insoumis ? Fixe ta peur, tourne lui autour, toi aussi. Il faut que tu marches sur elle comme si tu marchais pieds nus sur de la braise. La sentir n’est pas lui succomber. La sentir c’est l’affronter. C’est l’annihiler. C’est rendre ses effets nuls. Alors, tu pourras l’attraper par la gorge et la regarder s’étouffer. Comme elle t’a étouffé. Et une fois neutralisée, tu seras seul sur tes pas. Il devrait n’y avoir que toi, qui marches sur tes traces, qui impose. Car on en aura fini de t’imposer quelques formes que ce soit.

Mais pour cela, n’oublies pas de rester dans ton corps. Sois toi. Ne t’évade pas. Ton corps est ton armure. Et ton regard, le porte-parole de ton intelligence. Et ton intelligence, ton arme mortelle contre tous ceux qui chercheraient à te rendre vulnérable. 
Mais pour ce faire, tu ne dois pas t’oublier. Tu ne dois pas t’oublier à ta vulnérabilité. Car la vulnérabilité n’est que l’abandon de toi-même. C’est défaillir contre les affronts qui se font de toutes parts. C’est l’érosion de ton armure. C’est la perte de ton arme. C’est ta perte. La vulnérabilité ne doit pas passer par toi. Tu dois la prendre par le cou dès qu’elle se présente. Avant qu’elle ne se faufile dans des recoins que tu ne peux accéder. Que tu finirais par oublier. Et elle se présenterais dans ton sommeil, pour mieux te neutraliser. 
La vulnérabilité mise à pied, il ne reste que toi sur les tiens. Fier de toi. Maître de toi. À ton écoute et à tes ordres. 

Et avec cela, tu seras solide et inébranlable en toutes circonstances. 
On pourra être effrayé. Admirer. On pourra être jaloux et jaser. On pourra encore une fois t’affronter. Mais rien, ne pourra plus te toucher. Car tu auras acquis ton propre équilibre, dans ton corps et dans ton esprit. Et tout ce qu’il se passera autour de toi sera secondaire, inoffensif. Tu pourras alors te promener en temps de guerre comme en temps de paix. À ton aise en toutes situations, car toujours accompagné de toi-même. Et l’on a besoin que de soi. 

Par cela, on se retrouvera, quand tu seras devenu cet être qui se déplace avec le flegme et l’honneur de ceux que l’on ne connaît pas encore.
Comme la mort qui, présentement, marche où elle veut en toute impunité. Tu marcheras au-dessus d’elle dans ton bon droit. Sans réellement te soucier, si cela lui plaît ou non. 

Alors ? Peur ?

Laura.B

Rentrer chez soi

C’est une douceur.

Une nostalgie du futur, ou d’un passé très lointain, trop lointain.

C’est une réminiscence. Un retour. Un retour chez soi.

Un foyer qui n’appartient qu’à soi. Où que l’on soit. Qui que l’on prétende être. Ce foyer ne disparaît jamais. Il est là. Si près qu’on ne le voit pas. Il attend. Car il est oublié.

Et on le cherche. Ce cocon. Ce confort. Là où il n’y a aucun besoin de se cacher. Là où tout est en ordre, tout est parfait. On le cherche partout. Et on se quitte en ce faisant. On se délaisse soi-même, loin derrière. On continue de fouiller, d’errer. Avec moult excuses, on snob les déceptions et erreurs passées, que l’on finit par additionner. Et on poursuit sa quête. Sans jamais avoir compris, que ce foyer n’est que soi-même.

C’est ce que l’on fait pour soi, à chaque instant. C’est s’entendre dans la paix. Se supporter et se protéger dans la tranquillité de sa solidité. C’est l’amour que l’on se donne. La volonté que l’on actionne pour se permettre de transcender ce qui blesse, ce qui arrache et ce qui détruit. C’est la protection de l’intégrité de l’être face à toute menace, face à toute tentative de domination. C’est le plaisir d’être. L’acceptation et la reconnaissance de sa propre grandeur. Se sentir vibrer de l’intérieur. Comme si l’on s’attendait depuis toujours.

C’est remettre en place avec ardeur les dislocations que la vie nous a faites. Panser les plaies que l’on s’est infligées sans savoir, que l’on s’est infligées en se cherchant. En cherchant un mot, une notion, qui n’est en réalité, que ses propres retrouvailles. Un retour à la maison qui n’en est pas un. Mais un discernement. Que le foyer, c’est soi, c’est maintenant et c’est toujours.

Laura.B

La reconquête de soi

C’est la royauté de celui qui n’a besoin de rien. Celui dont rien ne peut ébranler. La noblesse du pouvoir sur soi-même. Le règne de soi. De son territoire. De ce qui est propre à l’un. Ce qui lui appartient. De droit. Mais si perte il y a. Si prise en otage se produit. Sa couronne ne lui sera pas rendue. Elle sera enterrée. Oubliée. Masquée.

Ce sera à lui. Battu et laissé pour mort au milieu d’un désert. Un désert de mémoire. Un cimetière de souffrances. De se lever. Seul. De lutter contre la peine et la rouille de son corps, de son âme, face à l’effort. Face à la difficulté de marcher seul. Face à sa désorientation.

Ce sera à lui. De trouver les armes. De les prendre. Et de ne pas craindre de les user. Contre tous ceux qui tenteront de le remettre à terre.

Ce sera à lui. D’oser laisser sous chaque pas, des traces de sang. À l’usure de sa marche, qui marquera son cheminement. À l’usure de sa croisade pour son trésor. Pour sa noblesse. Son rang d’insoumis.

Et lorsqu’il trébuchera de lui-même. D’efforts et de souffrances. Qu’il restera un peu trop longtemps à terre, qu’il espérera une main tendue, une aide. Lorsque le poids de son corps aura alourdi et étouffé sa volonté, il n’y trouvera rien. Il se perdra. S’endormira dans ses attentes. Dans ses espoirs. Endormi tellement profondément, qu’il ne se souviendra même plus de ce qu’il cherchait. Une quête du Graal dont le Graal lui sera alors devenu inconnu. Une quête donc inutile puisque pour un but oublié.

Ainsi, pourquoi se relever ?

Gisant sur le dos. À se laisser partir. Dans la tendresse de la mort qui vient. Dans l’anesthésie de la douleur par la fin qui approche. Arrivera quelque chose de nouveau et pourtant d’ancien.

De la peine pour soi. De la peine qui réveillera un amour-propre. Un amour qui réveillera de la fierté. De la fierté qui réveillera de la colère. De la colère qui électrifiera la souffrance.

Et la faim reviendra. La faim de se récupérer soi-même. Son autonomie tout comme son autorité. La faim de retrouver sa grandeur le remettra sur pied. Tout comme le dégoût de s’être laissé tomber. Et rendra toute douleur indolore. Et rendra son corps alerte, à l’écoute, à son service.

Pour reprendre sa quête.

Ce sera à lui de veiller sur lui-même. Ce sera à lui de se dominer. Pour terminer sa reconquête.

Laura.B

Le prédateur des prédateurs

Elle est un son, une vibration, un ton. Un frisson, pour certain. Ceux qui dominent. Ceux qui assoiffent. Ceux qui créent la peur, la souffrance, l’aigreur.

Que se passe-t-il, lorsque même le malin a peur ? Que se passe-t-il, lorsque le dominant rentre sa tête dans ses épaules ? Lorsqu’il vérifie derrière lui quand il marche ?

C’est lorsqu’ils entendent ses pas, que l’air s’épaissit. Saturé d’une force qui se prépare. Comme un temps lourd et chaud qui promet l’orage. Qui promet la foudre. Un jour encore lumineux sur son déclin. L’éclipse du confort pour certains. Une éclipse qui dure le temps de son passage. Une action tout à fait réelle et inébranlable quel que soit le vouloir de chacun.

Elle est une simple démarche. De nonchalance. De tranquillité. De certitude. Et de danger, de puissance, de fierté. Une menace née d’une simple présence. D’une promesse devinée.

Le prédateur des prédateurs. Aussi serein à se mouvoir dans les ténèbres que dans la sécurité de la lumière. Dont la peur elle-même se terre et où la mort frissonne. Dont la souveraineté est vibrée sous chaque pas. Dont la sécurité a été acquise et est aujourd’hui impossible à travestir.

À travers sa respiration, la promesse est faite. Dans chaque rictus, la promesse est reconnue. Au fond des yeux, la promesse est trop près. La promesse de la sentence pour les incapables opportunistes. Pour les illusionnistes. Pour ceux qui oseront s’imposer, défier.

C’est alors pour cela qu’aujourd’hui, tous ont compris. Qu’il ne faut pas s’approcher de cet être là. Et tout ira bien.

Laura.B

La colère

La colère, c’est comme un temps d’arrêt. Un temps de non-réflexion. Pour que ton corps, pour que ton esprit, soit bien à même de voir l’outrage que l’on vient de te tenir.

Il n’y a aucune question. Il n’y a aucune émotion. Aucune rage. Cette colère, c’est la neutralité absolue effaçant toute réaction émotionnelle et animale. Elle est la formation de l’ordre dans tout ce qui te compose. Dans tout ton être.

C’est perdre la vue et voir ce qui ne peut mentir. C’est te délester de ta personnalité, laisser glisser ton manteau de mensonges qui pèse sur tes épaules. Qui laisse pourrir ton corps de l’intérieur.

Le bien, le mal, tu n’en as cure. Tu ne vois que l’outrage. Et, finalement, ce que tu es toi. Toi que l’on ne contraint pas, que l’on ne compromet pas. Et tu sais, que la faiblesse de l’autre est sa propre stupidité. De t’avoir cru servile. De s’être mesuré à toi.

Lorsque la colère est trop intense, il te faut la canaliser pour la densifier et pouvoir la manier correctement, telle une arme. Ainsi gardes là, retiens là, mais laisses là se répandre dans ton corps. Elle ensemencera de la volonté.

Tu sais qu’elle veut sortir, et quand elle commence à t’étouffer, c’est le moment, il est temps de dire quelques mots, ou de faire un geste, pour l’évacuer à travers le viseur de l’intelligence, et ainsi toucher ta cible de la manière la plus pointue, la plus ferme et la plus efficace qu’il soit.

Toucher le point sensible, dans le mille. Tout en finesse, et pourtant tout en brutalité. Tu auras actionné, avec délicatesse, insidieusement, par une forme plus que respectable, par une forme parodiant l’innocence, la perte de l’autre. Son humiliation.

Mais il est bien seul responsable de sa déchéance. Responsable de t’avoir affronté. De t’avoir sous-estimé. D’avoir réveillé ta colère.

Laura.B

L’une n’est que la piètre copie de l’autre

Qu’est-ce que la force ? Ce n’est qu’une action mécanique du corps. Une résistance de la structure humaine, physique d’un individu. Cette force se renforce sensiblement, superficiellement grâce à des moyens mécaniques qui échauffent le muscle. Qui le contraignent pour qu’il se développe.

Qu’est-ce que la puissance ? C’est une action invisible et intransigeante face à une soumission imposée qui n’a pas lieu d’être. La force n’est que l’outil terrestre de la puissance qui provient des profondeurs de la volonté humaine.

Elle éclot dans la colère, dans la faim.

Elle n’a aucune odeur, aucun goût ni son. L’appareil humain n’est pas fait pour la détecter. Et pourtant, il la voit. Il la ressent. Sa propre puissance ou celle d’un autre.

Elle pourrait te monter à la tête, mais elle s’arrête au-dessus de ton cœur. Qui, lui-même, ne la contrôle pas. En provenance de ton ventre, elle se stabilise horizontalement, entre chaque épaule. Comme si c’était elle qui te les maintenait. Comme si sous cette couche de muscles et d’os, se trouvait cette puissance imperceptible qui te tenait le corps. Comme si c’était elle et seulement elle qui te permettait de te tenir droit, de supporter le poids de tes souffrances. Mais lorsque ces souffrances se font trop pesantes, et lorsque que tu cesses de nourrir ta puissance, ton corps, automatiquement, mécaniquement, s’affaisse. S’arrondit. Se meurt.

Alors tes muscles, ta force physique, ne te sont que superficiellement utiles. Cette force robotique ne fait qu’office de survie. La survie de l’individu qui n’en est plus un. La survie de l’individu qui n’est même plus un animal. Sans défense, se retrouve au sol. À la merci, sous la domination de tous.

Ce petit corps frêle. C’est bien tout ce qu’il reste de l’être humain. Une simple mémoire visuelle des restes d’une puissance auparavant vivifiante. Une puissance auparavant surprenante et indestructible.

Oui, indestructible. On ne détruit pas la puissance. On ne l’arrache pas. Mais on peut l’oublier. La dénigrer. L’asphyxier. Et lorsque le corps frêle sera retourné à la terre. La puissance sera toujours là, quelque part, invaincue, mais privée de sa forme. Privée de son seul moyen d’expression, de réalisation.

Alors, tu peux gonfler ta force à travers tes muscles. Mais ta puissance, elle grandira en confrontant tes faiblesses et tes peurs. En refusant la soumission et en te considérant comme seul représentant au pouvoir de l’être que tu es.

Laura.B

La procrastination d’une vie

Tu auras passé ta vie à te regarder vivre. À t’entendre penser pour n’aller nulle part. Pour ne rien comprendre. Pour ne rien faire. 
Et toutes tes idées, la peur les avait enlevées, souillées. Et même toi, tu ne les connaissais plus.
Tu t’étais contenté d’être assis à regarder la vie des autres. Dans un fauteuil que tu avais étouffé. La tienne n’avait jamais commencé. 
Ceux qui vivaient, eux, ne connaissaient pas ce confort. Le balayant du revers de la main comme l’on chasse un nuisible. 
Ceux qui vivaient n’avaient aucune pause et pourtant aucune urgence. Tout se passait lorsque cela devait être fait. Le repos comme le combat. Ils vivaient, car ils n’avaient pas de temps à donner à la mort. Ils ne cherchaient pas ce qui t’intriguait. Ce qui te prenait en otage chaque jour. Mais surtout, ils ne regardaient pas derrière eux à choyer leurs exploits passés comme un enfant qui a su écrire son nom en entier. Ils n’ont aucun exploit à accomplir. Ils ont à vivre et être ce qu’ils sont. Et à réaliser ce qui doit être fait. Il n’y pas de place pour l’orgueil. Il n’y a que réalisations et victoires. Souveraineté et vie. Et rien ne les arrêtera dans leur tâche. Sans pause, sans repos, sans peurs, ni impressions. 

Peut-être ne le comprends-tu pas encore. Car tu es toujours aussi inconfortablement installé dans ta médiocre vie que tu exècres. Même nous, le voyons. À ton dos voûté. À tes yeux morts et vides. À tes phrases toutes faites. Tu n’es que le produit de la fébrilité, de la peur et de l’envie. Mais parfois, tu réalises cette idiotie que tu es devenu en voyant ces autres-là. En les voyant sereins, sûrs, et accomplis.
Ce que tu deviendras peut-être si tu réapprends à marcher. À parler. 

Laura.B